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Chrysomèles du maïs : bilan des captures en 2024

Les conditions humides rencontrées tout au long du cycle du maïs en 2024 expliquent la faible incidence des attaques sur le rendement et la faible progression des populations de chrysomèle du maïs entre 2023 et 2024.

Chrysomèle du maïs : évolution des captures en France

Les conditions particulièrement humides de l’année 2024 ont été défavorables à la chrysomèle du maïs et favorables au maïs. En effet, l’excès d’humidité au cours du printemps a été particulièrement défavorable à la survie des jeunes larves, ce qui a limité leurs dégâts sur les racines de maïs. Dégâts dont l’incidence sur le rendement a été encore plus réduite en l’absence de stress hydrique intense au cours du cycle du maïs.

Malgré une incidence économique limitée, la chrysomèle du maïs poursuit sa progression sur le territoire national. Le détail des résultats de la surveillance des adultes de ce ravageur réalisée en 2024 est présenté par région et par type de piège dans le tableau 1.

Dans la continuité des années précédentes, il est possible de regrouper les régions selon trois catégories en fonction de l’abondance de chrysomèle du maïs observée :

  • les régions où elle est largement présente et peut potentiellement occasionner des dégâts : Alsace et Rhône-Alpes ;
  • les régions où elle est fréquemment détectée mais sans risque de nuisibilité à ce jour : Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Ile-de-France et PACA. A noter que les populations s’intensifient en Nouvelle-Aquitaine et en Bourgogne-Franche-Comté : dans ces régions, les niveaux de captures pourraient justifier une surveillance à l’aide de pièges chromatiques au cours des prochaines années.
  • les régions où elle est occasionnellement détectée (Normandie, Occitanie) ou pas détectée à ce jour.
Carte 1 : Répartition simplifiée de la chrysomèle du maïs en France en 2024
Carte 1 : Répartition simplifiée de la chrysomèle du maïs en France en 2024

Des populations durablement installées en Alsace et en Rhône-Alpes

En Alsace et en Rhône-Alpes, même si les populations de chrysomèle du maïs sont désormais abondantes, l’incidence des dégâts de larves est restée limitée en 2024 : près de 15 % des parcelles ont capturé plus de 5 individus par piège chromatique et par jour au cours de l’été. Cette abondance de population est susceptible d’entraîner une nuisibilité économique l’année prochaine si du maïs est à nouveau cultivé dans ces parcelles.

Quant à la proportion de parcelles ayant capturé entre 0,5 et 5 individus par jour et par piège, elle varie de 42 % en Rhône-Alpes à 74 % en Alsace. Ces chiffres confirment que la chrysomèle du maïs est largement présente dans un grand nombre de parcelles, sans que son abondance soit susceptible d’occasionner une nuisibilité à très court terme. Il conviendra de poursuivre la surveillance de ce ravageur dans ces parcelles.

Les résultats pluriannuels témoignent d’une augmentation régulière de la fréquence de parcelles dont le niveau de capture est supérieur à 0,5 adultes par piège et par jour. L’objectif est de maintenir le taux de parcelles dépassant 5 adultes/piège/jour en-dessous de 15-20 %. Pour y parvenir, il faut cultiver une autre culture que du maïs l’année suivante dans les parcelles les plus à risque.

Figure 1 : Répartition des parcelles selon le nombre de captures par piège chromatique et par jour de surveillance

Des populations désormais bien installées dans les régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté et Nouvelle-Aquitaine

Ailleurs en France, les populations de chrysomèle du maïs sont moins abondantes. Néanmoins, la fréquence de pièges ayant détecté ce ravageur augmente un peu plus chaque année ; le taux de piège à phéromone positif est de 59 % en 2024, valeur très proche de celle de 2023. Cela signifie que la chrysomèle du maïs est présente sur une large partie du territoire (tableau 1 et figure 1).

Les niveaux de captures observés dans ces régions sont comparables à ceux observés en Alsace il y a 4 ou 5 ans. Les premiers dégâts significatifs ayant été observés en Alsace et en Rhône-Alpes en 2022, il est probable que les premiers dégâts apparaissent dans des parcelles de Bourgogne-Franche-Comté ou de Nouvelle-Aquitaine à une échéance assez proche, c’est-à-dire au cours des 2 ou 3 prochaines campagnes en fonction des conditions climatiques.

Enfin, les captures sont confirmées, même si elles sont encore très faibles, dans les régions Normandie, Occitanie et PACA. Ailleurs, la chrysomèle du maïs n’a pas été détectée à ce jour. Néanmoins, l’absence de capture ne signifie pas forcément que l’insecte est absent, mais la population peut ne pas être suffisamment développée et demeurer en dessous du seuil de détection. Il conviendra de poursuivre la surveillance dans ces régions.

Tableau 1 : Résultats de la surveillance de la chrysomèle du maïs sur pièges à phéromone ou pièges chromatiques en 2024
Tableau 1 : Résultats de la surveillance de la chrysomèle du maïs sur pièges à phéromone ou pièges chromatiques en 2024
Sources : SEMAE, ARVALIS, Chambres d’Agriculture France, Chambres Régionales d’Agriculture, Chambre départementales d’Agriculture, organismes économiques et de développement

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